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Le film

SYNOPSIS

Les Alpes occidentales entre l’Italie et la France ont été au fur et à mesure des siècles une frontière naturelle, ainsi qu’un lieu de passage et de rencontre. Ses cols constituent une terre de connexion, de médiation entre peuples et cultures différents. L’histoire plus récente nous raconte que ces deux cents dernières années, c’étaient les Italiens qui traversaient clandestinement la frontière pour aller chercher du travail en France alors qu’aujourd’hui c’est une route utilisée notamment par des migrants d’origine africaine.
Les politiques récentes de fermeture des frontières internes européennes ont poussé les personnes migrantes à rechercher des sentiers moins battus pour quitter l’Italie et continuer leur voyage au-delà de la frontière française, des sentiers de haute montagne comme ceux qui longent le domaine skiable « La voie lactée », à la frontière entre Claviere (IT) et Montgenèvre (FR).
De jour, les pistes de ski sont un lieu d’amusement, de sport et de détente ; de nuit, elles se transforment en un théâtre de la peur, du danger et des violations des droits humains : les migrants, peu préparés et mal équipés, s’aventurent sur les sentiers en défiant l’obscurité, le froid et les contrôles des autorités françaises et en risquant leur vie.
The Milky Way est un film choral qui retrace des histoires d’activistes, habitants des montagnes tout en proposant la reconstruction historique de l’émigration italienne des années 50 dans une graphic novel animée. Il raconte aussi les histoires des migrants mis à l’abri par des personnes solidaires des deux côtés de la frontière et met en lumière l’humanité qui refait surface quand le danger imminent réactive la solidarité, se basant sur la conviction que personne ne doit être laissé seul. Personne ne se sauve tout seul.

FICHE TECHNIQUE

Title: The Milky Way

Duration: 84 minutes

Film format: Full HD

Aspect ratio: 2:39:1

Year: 2020

Director: Luigi D’Alife

Cinematography: Nicola Zambelli

Original soundtrack: Claudio Cadei in collaborazione con Luigi De Gasperi

Editing: Angelica Gentilini, Luigi D’Alife

Illustrator: Emanuele Giacopetti

Director animator: Andrea Zanoli

Animator: Isabella Urru

Camera: Nicola Zambelli, Luigi D’Alife

Drone: Fabio Ferrero

Assistant director and production: Angelica Gentilini, Marta Melina 

Sound engineer: Claudio Cadei

Color correction: Salvo Lucchese

Editing supervisor: Corrado Iuvara (A.M.C.)

Narrator’s voice: Mirco Menna

Production team: Elisa Russo, Isabella Urru, Roberto Zinzi, Vasco Fondra, Giuliano Vento, Sara Barbuti, Carla Falzone, Michele Lapini

Crowdfunding and distribution team: Marta Melina, Silvia Veronesi, Andrea Paco Mariani

Press and communication: Arianna Monteverdi, Andrea Paco Mariani, Calogero Greco

Translation and subtitles: Roberto Zinzi, Marta Melina, Claudio Cadei, Giulia Delfini, Lina Abdel Samie, Emanuele Bergamaschi

Musician: Carmen Lina Ferrante, Silvia Chiarini, Luigi De Gasperi, Pippi Di Monte, Daniele Cangini, Claudio Cadei 

Cast (in ordine di apparizione)

Angelo Bonnet, Walter Re, Renata Bompard, Silvia Massara, Davide Rostan, Micaillou , Solange Lefol , Michel Rosseau, Pierre-Yves Dorè, Matheus, Seedy Ceesay, Amadu, Riad

NOTES DU REALISATEUR

La première fois que j’ai mis les pieds dans la salle d’attente de la gare de Bardonecchia, c’était presque Noël. Il y avait beaucoup de passage vu la période de vacances et quelques personnes qui attendaient.
Leur objectif était de passer la frontière, d’aller en France et au-delà.
Et c’est lors de ce premier contact, celui où je suis allé au-delà de la gêne et j’ai demandé « ça va ? Tu as besoin de quelque chose ? ». C’est à ce moment-là que l’histoire a commencé.
Ou au moins la nécessité de la raconter.
Le présent médiatique que nous vivons illustre la question migratoire à travers une narration stéréotypée et rhétorique, où l’urgence humanitaire et celle sécuritaire se superposent dans le grand paysage politique en essayant d’orienter les sentiments de l’opinion publique européenne.
Une histoire toxique où le « migrant » devient une catégorie de dépersonnalisation et de négation, une menace du point de vue identitaire, quelque chose qui légitime une approche policière.
D’où le choix de déconstruire (et reconstruire) en partant du territoire et de ses caractéristiques historiques, sociales et géographiques, qui ne peuvent se distinguer du rapport à la frontière. Nous sommes habitués à penser aux montagnes comme une barrière physique, une « frontière naturelle ». Il n’y a aucun doute qu’elles représentent un obstacle à la traversée de la part des hommes.
Mais il y a une seconde vérité, plus profonde, qui fait des Alpes un lieu habitué depuis toujours aux contaminations vertueuses, c’est-à-dire aux échanges entre le bas et le haut, entre les populations aux cultures et styles de vie décidément différents.

Une charnière donc, et pas du tout une barrière.
Les communautés, faisant partie depuis des millénaires de la même civilisation alpine d’un point de vue linguistique et culturel, ont été séparées sur des fronts opposés par une frontière nouvelle et artificielle tout en réussissant à préserver des formes communautaires antiques et des pratiques d’assistance mutuelle.
Le choix a été de partir des histoires des habitants des montagnes, de ceux qui, hier comme aujourd’hui, croient qu’il ne faut laisser tomber personne, qu’il n’y a pas de couleur de peau,
de morceaux de papier, de langue étrangère pouvant déterminer qui doit être secouru et qui ne doit pas l’être.
Les personnes qui marchent tous les jours dans la neige des sentiers à la recherche de quelqu’un qu’elles ne connaissent pas, dont elles ne savent même pas le nom mais qui ne doit pas être laissé seul face à l’énième voyage dangereux, démontrent ainsi que le plus vertueux des sentiments humains, celui de ceux qui mettent à disposition leur propre vie pour les autres, n’est pas enterré sous un passé nostalgique et lointain mais qu’il vit aujourd’hui, ici et maintenant.
Et pourtant de la frontière de la méditerranée centrale à celle des Alpes, il n’est plus nécessaire d’avoir commis un délit ou d’être un présumé criminel pour être criminalisé ou condamné, il suffit qu’on soit suspecté d’être humain.
Donc la récupération de la mémoire à la base du film n’est pas un exercice rhétorique (comme « quand c’étaient nous qui étions les immigrés ») mais plutôt une réactualisation, à travers les gestes et pratiques qui (sur)vivent jusqu’à aujourd’hui.
On ne peut absolument pas scinder le rapport entre la frontière et le territoire. Au XXème
siècle, l’économie de haute montagne a subi un processus radical de transformation. Les infrastructures ont rendu la plaine plus « proche », alors que le ciment dévorait les flancs de montagne et le tourisme remplaçait l’économie agricole de la zone.
Aujourd’hui la route migratoire des Alpes occidentales traverse le domaine skiable de « La Voie Lactée », 400 km de pistes de ski qui s’étalent le long de la frontière entre l’Italie et la France. Dans une histoire aux contrastes forts, comme toujours dans les lieux de frontière, l’image du blanc des pistes sur lesquelles des milliers de personnes skient sur la frontière, contraste avec le noir de la nuit, dont les deux pays vidés de leurs touristes deviennent le terrain de chasse pour les gendarmes français : donc lieu de danger, de violation des droits humains et de violences.
Une métaphore parfaite de la civilisation moderne, où marchandises et profits voyagent rapidement alors que les personnes risquent de mourir (et meurent) aux frontières à cause de la « mauvaise » couleur de leur peau. Des lieux qui ne sont plus seulement des lignes tracées sur les cartes mais des murailles de soldats et de policiers, de ciment et briques, de lois et de persécutions.
Les « migrants », fantômes errants sans nom ni visage, ne sont que des statistiques. La négation de leur existence est le pilier sur lequel se fonde l’ordre social et l’état de « normalité » de ces lieux. Il n’y a pas de migrants, il n’y a pas de frontière.
Le dispositif de la frontière devient explicite.
Pourquoi ne pas essayer de le défier dans ses contradictions, c’est-à-dire à travers le privilège dont il se nourrit et qu’il alimente ?

Le désir est l’antichambre de la volonté, le fondement sur lequel l’action se base. Quand on désire quelque chose, qu’on veut la réaliser à tout prix : voilà que le désir se transforme en objectif.
Les désirs animent les hommes et font avancer le monde. Contrairement à ce qu’on peut croire, ils ne favorisent pas l’illusion, ils ne nous éloignent pas de la perception réelle des choses : les désirs répondent plutôt au besoin de penser le changement possible, même dans des situations objectivement compliquées.
Chaque être humain a droit à une existence libre et digne dans le lieu qu’il considère le meilleur et a le droit de lutter pour y rester.
Il faut dire à tous ces gens qu’ils ne sont pas seuls, que leur douleur et leur colère est visible, que leur résistance est soutenue.
Il faut marcher ensemble, parce que personne ne peut se sauver tout seul, ni ici ni ailleurs.

Film trailer